CABINET BURGONDO-LYONNAIS D’ÉPOQUE RENAISSANCE AUX ÉVANGÉLISTES

CABINET BURGONDO-LYONNAIS D’ÉPOQUE RENAISSANCE AUX ÉVANGÉLISTES

 

ORIGINE : FRANCE, LYON
ÉPOQUE : XVIe SIÈCLE

 

Hauteur : 169 cm
Largeur : 152 cm
Profondeur : 57 cm

 

Bois de noyer
Très bon état de conservation

 

 

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Catégorie :

Description

Ce buffet se compose de deux corps superposés. Le corps du haut en retrait est couvert d’un entablement et d’une corniche fortement débordants reposant, à l’arrière et à l’avant sur quatre colonnes cannelées.

Le corps inférieur repose sur quatre pieds rectangulaires sur lesquels s’élève une base légèrement moulurée. Il ouvre à deux vantaux dont chaque panneau est orné en son centre d’un cadre ovale dans lequel est représenté un Évangéliste, le corps drapé dans un lourd manteau. Le reste du panneau est occupé par des tiges, des feuilles et des fleurs, dans une composition symétrique, sculptée avec beaucoup d’habileté. A droite, se trouve le plus jeune des Évangélistes, Saint Jean. Imberbe et la tête cernée de l’auréole, la plume à la main, il rédige son Évangile à l’abris d’un arbre et sous le regard protecteur de l’Aigle, tandis qu’à gauche, le saint nimbé, lui aussi penché sur le Livre et accompagné de son taureau n’est autre que Saint Luc.
Les montants ainsi que le faux-dormant sont sculptés de chutes de fruits et d’un mascaron posé sur une draperie.

La ceinture est séparée des corps inférieur et supérieur par des moulures ornées de rosaces.
Deux tiroirs ouvrent en ceinture, chacun orné au centre, d’un mufle de lion délicatement sculpté est accosté par des fruits et des draperies. De part et d’autre des tiroirs sont sculptés des mascarons, la tête couverte par des coiffes de plumes, tandis qu’au centre, un blason est posé sur un cuir découpé.

Le corps supérieur est scandé par deux termes masculins en gaine et un terme féminin en gaine au centre, dont un pan de draperie dissimule la serrure. Les vantaux du corps supérieur sont ornés de la même manière que les deux précédents, par deux Évangélistes. A droite Saint Marc et le lion font face à Saint Mathieu et l’Ange sculptés sur le panneau du vantail gauche.

Les côtés reçoivent eux aussi une très belle ornementation. Le panneau du corps supérieur est sculpté d’une composition symétrique de motifs végétaux, réalisés en méplat, se déployant autour d’un mascaron en haut relief. A droite et à gauche du panneau sont représentés des pennes d’oiseaux tandis que les deux autres côtés sont occupés par des moulures décorées de palmettes. Le panneau de la partie inférieure est décorés d’une fleur et de quatre feuilles. En ceinture, une petite rose est accompagnée de deux pennes d’oiseau.
Le meuble est couronnée par une corniche supportée par des modillons ornés de palmettes.

Ce meuble illustre un intérêt particulier des commanditaires pour les thèmes religieux. L’Ancien et le Nouveau Testament ont parfois été une source d’inspiration pour les huchiers qui les utilisèrent pour quelques meubles dont on ne peut dire aujourd’hui s’ils étaient destinés à un usage civil ou religieux. Ces meubles subsistent en assez grand nombre en Picardie, dans l’Ouest et en Languedoc notamment.
Si l’Ancien Testament est souvent celui qui retint l’attention des artistes, le renouveau religieux entraîné par la Contre-Réforme développa un intérêt pour le Nouveau Testament. Ainsi, dès la fin du XVIe siècle, les figures du Christ, de la Vierge, des Quatre Évangélistes ou encore des Douze Apôtres se firent plus présentes.

Ainsi, ce buffet n’était pas forcément destiné à meubler la demeure d’un ecclésiastique mais aurait tout aussi bien pu avoir été réalisé suivant la volonté de commanditaires privés, puissants et fortunés, dont la piété et la dévotion suffisent à expliquer le choix d’exalter les auteurs des quatre Évangiles canoniques. Les quatre symboles qui servent à les identifier – le Tétramorphe – ont pour origine la vision d’Ezéchiel (Ez ; 1,1-28) et l’Apocalypse (Ap ; 4,1-11).

Le décor, la variété des motifs et la qualité de leur réalisation font de ce meuble une pièce d’exception. La délicatesse et le raffinement du travail de sculpture laisse penser qu’il fut l’œuvre d’un artisan des plus habile.
En outre l’utilisation, pour les côtés, d’une sculpture réalisée en méplat, emprunté à l’art du graveur, est caractéristique de l’Ecole lyonnaise des années 1540-1570.

 

Bibliographie
THIRION Jaques, Le mobilier du Moyen-Age et de la Renaissance en France, Edition Faton, 1998
BOCCADOR Jacqueline, Le Mobilier Français du Moyen-Âge à la Renaissance, 1996, Éditions d’art Monelle Hayot, Saint-Rémy-en-l’Eau.