D’après LIGIER RICHIER – L’écorché

D’après LIGIER RICHIER (1500-1567)

L’écorché

 

Sculpture en bronze à patine brune, traces d’oxydation

Fonte à la cire perdue, vers 1970

Cachet du fondeur « C. Valsuani », sans justificatif de tirage

 

Hauteur :  213 cm

 

 

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Description

Ligier Richier, né vers 1500 à Saint-Mihiel, mort à Genève en 1567, est un sculpteur lorrain du début de la Renaissance. Attaché à la cour de Lorraine et de Bar, il sculpte un monument funéraire, le Transi, qui est placé en 1545 près du tombeau de René de Chalon, dans la collégiale Saint-Maxe.

Le Transi de René de Chalon, également appelé le Squelette, ou le Décharné est une statue funéraire, réalisée en pierre calcaire de Sorcy au XVIe siècle, vers 1545-1547. Prenant place initialement dans l’ancienne collégiale Saint-Maxe du château des ducs de Bar, elle est visible depuis 1790 dans l’église Saint-Étienne de Bar-le-Duc (Meuse).

Brisé en plusieurs morceaux lors de la révolution par un corps de garde, la sculpture ne sera restaurée qu’en 1810. Deux moulages sont réalisés, en 1894 pour le palais du Trocadéro et en 1922 pour le poète Henri Bataille. Quelques autres fontes suivront postérieurement.

 

Ce transi, qui a la particularité d’être dressé debout, comme un vivant, est sculpté pour orner la sépulture barisienne de René de Chalon, prince d’Orange, mort le 15 juillet 1544 lors du siège de Saint-Dizier.

Selon la légende, aujourd’hui réfutée, le prince aurait exprimé sur son lit de mort la volonté d’être représenté tel qu’il serait trois ans après sa mort. François Ier de Lorraine, le frère d’Anne de Lorraine, épouse de René de Chalon, aurait alors passé commande à Ligier Richier.

Œuvre majeure de la Renaissance et de cet artiste, elle a provoqué de nombreuses réactions à travers les siècles, et a servi d’inspiration à d’autres œuvres artistiques.

L’œuvre est désignée comme un transi, c’est-à-dire une sculpture représentant un mort de façon réaliste, contrairement au gisant représentant un personnage couché et endormi. Cette représentation est issue d’une série de transis apparue dans la seconde moitié du xvie siècle. Mais elle a la particularité de figurer le corps décomposé dressé debout, comme un vivant, et non couché. Cela fait d’elle une œuvre singulière dans l’art funéraire de la Renaissance et qui appellerait une dénomination spécifique puisque sans équivalent.

 

Le squelette contemple son cœur qu’il brandit du bras gauche à pleine main vers le ciel. Son bras droit porte un écu sans armoiries et sa main se crispe sur ses côtes où la peau part en lambeaux. Il a un grand trou dans le bas ventre et un bout de peau est rabattu vers le bas, comme pour cacher les parties intimes. Les cuisses n’ayant plus de chair, la peau fait des plis sur les os. Les jambes laissent apercevoir veines, nerfs et tendons, et une rotule est mise à nu. La tête n’est plus couverte par la peau, mais compte quelques cheveux à l’arrière du crâne et encore quelques dents. Dans le cou, une échancrure de peau laisse apercevoir la trachée et les tendons.

 

La posture du squelette comporte plusieurs symboliques. Le bras tendu vers le ciel rappelle le bras armé, brandissant une épée, mais dans le cas présent il donne son cœur à Dieu. Cela exprimerait un message de foi et d’espérance en la résurrection. La main droite posée sur la poitrine signifie la fermeté de l’âme. L’écu sur le bras droit rappelle que le mort était un chevalier, et fait de la sculpture une œuvre à la gloire de la famille de Lorraine. Certains estiment que cette posture symboliserait la supériorité de l’esprit sur le corps (offrir sa vie à Dieu), d’autres voient ceci comme une marque de pénitence, d’autres encore, une victoire de la vie sur la mort, l’espérance de la résurrection des corps.

L’esthétique de l’œuvre est unique et la fine exécution de l’« écorché » laisse penser que Ligier Richier avait acquis de profondes connaissances anatomiques. Une observation détaillée révèle cependant de nombreuses « erreurs » et approximations qui font du monument un magnifique exemple d’évocation plus que de réalité… Aucun document ne permet d’affirmer que Ligier Richier ait pu mener des études anatomiques ou pratiquer des dissections.