DRESSOIR À DÉCOR DE RINCEAUX ET DE CANDÉLABRES D’ÉPOQUE RENAISSANCE

DRESSOIR À DÉCOR DE RINCEAUX ET DE CANDÉLABRES D’ÉPOQUE RENAISSANCE

 

ORIGINE : FRANCE, NORMANDIE
EPOQUE : EPOQUE FRANÇOIS Ier, VERS 1530-1540

 

Hauteur : 159 cm
Longueur : 114 cm
Profondeur : 46 cm

 

Bois de chêne
Serrures et clés d’origine
Très bon état de conservation

 

Provenance : Château de Gordes

 

 

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Description

Ce dressoir à pans coupés de la fin de l’époque médiévale invente des formes décoratives, appliquées sur une structure encore gothique. De grande qualité, il ouvre à trois vantaux et repose sur une base dont le fond est constitué de panneaux à décor de disques et demi-disques.

Les montants ainsi que la séparation des vantaux sont soulignés de balustres, dont leur typologie annonce la Renaissance.

On remarquera les ouvertures de la base, traitées en arcs surbaissés en façade, et sur les côtés, toujours dans l’esprit de l’architecture des premières années du XVIe siècle.

Le dressoir se place donc à la charnière des deux époques, le mécanisme de serrure, passé à l’intérieur du meuble, laisse libre un espace consacré à la décoration.

Ce dressoir richement sculpté est un véritable meuble d’apparat, d’un seul corps, la partie supérieure ouvre à trois vantaux, et est orné de panneaux moulurés et sculptés en bas-relief représentant grotesques et arabesques.

Ce meuble se différencie par la présence d’un corps supérieur à deux registres comprenant une unique porte centrale au niveau inférieur et deux au niveau supérieur, suivant une formule que l’on retrouve sur d’autres dressoirs dont notamment celui du Musée Dobrée à Nantes mais aussi sur le dressoir de  Joinville au Musée de la Renaissance d’Ecouen.

Les panneaux des côtés sont également sculptés de motifs végétaux. A noter la présence singulière dans le décor de mains tenant des feuilles et d’une tête d’angelot en partie basse.

La transformation du mobilier, au moins pour le décor, à la Renaissance, illustre un changement de société. Les guerres d’Italie ont favorisé les échanges et les influences entre la France et la péninsule. L’engouement pour l’italianisme, mis à la mode par François Ier, la redécouverte de l’Antiquité, l’essor de l’humanisme touchent non seulement les milieux de la Cour mais les fonctionnaires de l’administration royale, la petite noblesse et les bourgeois des villes, qui prennent une place grandissante dans le domaine intellectuel et artistique.

Entre les années 1510 et 1530-1540 environ, les structures du mobilier tel qu’il s’était fixé au XVe siècle ne changent pas. En revanche, la grammaire ornementale se renouvelle grâce aux apports d’outre-monts. Plusieurs facteurs ont joué : l’intervention directe d’artistes italiens, l’influence du décor des monuments ainsi que l’imitation des planches des ornementistes.

Ce dressoir en bon état de conservation montre bien à la fois la persistance de la fidélité à la structure gothique du meuble et l’engouement de plus en plus évident pour l’ornementation ultramontaine.