DRESSOIR DE LA PREMIÈRE RENAISSANCE FRANÇAISE

DRESSOIR DE LA PREMIÈRE RENAISSANCE FRANÇAISE

 

ORIGINE : BURGONDO-FLAMANDE
ÉPOQUE : PREMIÈRE RENAISSANCE, DATÉ DE 1544

 

Hauteur : 132 cm
Largeur : 85 cm
Profondeur : 58 cm

 

Bois de chêne

 

 

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Description

Ce dressoir de la Renaissance présente un tiroir en ceinture et un vantail central en partie supérieure.

Sur une base moulurée s’élèvent deux puissantes colonnes, au fût galbé. Elles supportent les montants du tiroir. Sur ce dernier, inscrits dans des médaillons à double moulure, un profil féminin et un profil masculin se font face. Ces médaillons sont encadrés d’accolades agrémentées de fleurs et de tiges stylisées.

Deux colonnes identiques à celles du corps inférieur soutiennent la corniche en partie supérieure. Celui-ci ouvre par un vantail, dont les pentures en fer ouvragées sont travaillées avec un grand raffinement. Le vantail est orné en son centre d’un petit panneau sculpté d’un candélabre d’où s’épanouissent de fines tiges végétales sur lesquelles bourgeonnent et éclosent de petites fleurs. De part et d’autres deux panneaux rectangulaires réutilisent ces mêmes motifs végétaux, sur une tige filiforme où fleurit un feuillage léger.

La corniche qui couronne le dressoir est soulignée d’une frise de denticules.

L’ornementation, la structure de ce dressoir laisse penser qu’il fut réalisé dans la première moitié du XVIe siècle, ce que corrobore la date inscrite.

Cette période, correspondant à la Première Renaissance française (env. 1490-1530), est caractérisée par de grands changements et une évolution rapide dans tous les domaines artistiques. Si l’influence italienne avait commencé à poindre dès la seconde moitié du XVe siècle ce n’est véritablement que sous le règne de Louis XII qu’elle devient prégnante dans l’art français. En outre, dès 1515, François Ier favorise grandement cet engouement pour l’italianisme, grâce à un mécénat très actif. Le mobilier n’est pas laissé pour compte et subit lui aussi une évolution significative.

Dans la première moitié du XVIe siècle, la structure des meubles reste gothique mais s’enrichie d’un décor sculpté dans la masse des panneaux, en profond bas-relief. Ce décor se compose de candélabres chargés d’une flore médiévale traitée à la manière italienne. L’importance de la symétrie se lit sans peine dans les arabesques graciles et les volutes de rinceaux. Sur de nombreux buffets, dressoirs, coffres, le décor est complété de médaillons dans lesquels sont représentés des bustes, de profil. Il s’agit généralement de meubles de mariages, représentant les jeunes mariés, parfois accompagnés de leur ascendance. Imitant les monnaies, médailles et camées antiques, ces personnages dans des médaillons sont l’un des ornements les plus caractéristiques de la Première Renaissance. Un tel décor, présent sur les meubles les plus raffinés, met en avant son propriétaire qui apparait alors comme un personnage au goût très sûr, se tenant au courant des modes nouvelles.

Ce dressoir présente ces mêmes caractéristiques, sur une structure robuste, un peu trapue, encore gothique, il reçoit un décor issu du répertoire ultramontain laissant s’épanouir librement tiges, fleurs et arabesques. Cette flore n’a toutefois plus rien de médiéval, elle est finement sculptée et pleine de légèreté, loin des feuilles déchiquetées sculptées avec une certaine sévérité sur le mobilier gothique. De même, les deux visages présentent des traits fins, relevant d’un ciseau habile, n’ont pas le caractère caricatural des réalisations plus anciennes. Il ne faut donc pas placer la réalisation de ce meuble dans les premières années du XVIe siècle mais plutôt au milieu de ce siècle. En effet, dès lors, les huchiers et ymagiers ont assimilé ces motifs nouveaux et les reproduisent avec dextérité et légèreté.