IMPORTANT RELIEF FIGURANT LA RÉSURRECTION DU CHRIST

IMPORTANT RELIEF FIGURANT LA RÉSURRECTION DU CHRIST

 

ORIGINE : ALLEMAGNE DU SUD
ÉPOQUE : XVIe SIÈCLE

 

Hauteur : 72 cm
Largeur : 79 cm

 

Bois sculpté et polychromé

 

 

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Description

Ce panneau est sculpté en bas-relief d’une représentation de la Résurrection du Christ. Cet épisode fait suite au cycle de la Passion. La Résurrection est un élément fondamental de la doctrine chrétienne et se trouve ainsi au cœur du questionnement des théologiens. Cet évènement est relatée dans les Evangiles, bien que ces quatre récits diffèrent quelque peu. Trois jours après l’ensevelissement du corps de Jésus, les Saintes Femmes (dont le nombre varie d’une Evangile à l’autre) se rendirent au tombeau qu’elles trouvèrent vide. Pour que le caractère miraculeux de cette disparition soit irréfutable, Saint Matthieu ajoute que devant le tombeau se trouvaient des soldats romains (Mt 27, 62-66).

Sa représentation par les artistes a pris diverses formes. L’iconographie de cet évènement tel qu’il est représenté ici voit le jour vers la fin du Xe siècle mais se répand davantage à partir du XIIIe siècle, grâce aux artistes allemands et italiens notamment.

 

Le Christ est représenté dans toute sa gloire, la tête ceinte d’un nimbe rayonnant. La barbe fine et le front haut, il a le regard baissé vers le spectateur qu’il semble bénir de sa main droite. Son corps est à demi-couvert par un lourd manteau rouge dont un pan s’envole au vent dans un large mouvement circulaire, laissant apparaitre son torse, illustrant la réalité charnelle et de la vitalité du corps du Ressuscité. Les signes de la Passion, la trace du coup de lance sur son flanc, et celle du clou sur son pied gauche sont encore visibles.

 

Ce mouvement est néanmoins contrebalancé par la posture statique et les traits détendu de Jésus, dont la figure s’impose au centre du panneau. Il domine le spectateur comme il domine les soldats endormis, par sa taille autant que par la calme autorité qu’il dégage. Il porte une croix-étendard, symbole de sa victoire sur la mort. Il s’avance au-devant du spectateur, son pied gauche posé sur un soldat qui lui barrait le chemin. Il laisse derrière lui sont tombeau, tandis que dans le ciel apparaissent six têtes d’angelots ailés. Le nimbe rayonnant du Christ s’élève dans le ciel, tel le soleil se levant à l’horizon.

 

Huit soldats, encore à demi endormi entourent le tombeau. Ils sortent doucement de leur sommeil et découvrent avec stupéfaction le miracle qui s’est produit. L’un d’eux fixe le Christ, bouche-bée par cette apparition miraculeuse, deux autres, incrédules, se penchent au-dessus du tombeau tandis que les autres semblent encore dans un profond sommeil. Leurs hallebardes, piques, lances, et fléaux d’armes sont dressés vers le ciel.

 

A l’arrière-plan, le décor est planté par quelques monticules rocheux sur lesquels s’épanouissent des arbres couverts de rameaux verdoyants.

 

Les armures des soldats, leurs visages expressifs ainsi que le mouvement imprimé au manteau du Christ placent la réalisation de cette œuvre au XVIe siècle. Ces mêmes indices laissent penser qu’elle fut exécutée par un artiste venu du sud de l’Allemagne. Ce panneau faisait probablement parti d’un ensemble plus imposant représentant des épisodes de la Vie et de la Passion du Christ.

  

 

Bibliographie

François Boespflug, Emanuela Fogliadini, Ressuscité, la Résurrection du Christ dans l’art, MAME, 2016

Louis Réau, Iconographie de l’art chrétien, II/2, Presse Universitaire de France, 1957, p. 538-550