PAIRE D’ANGES ADORATEURS CÉRIFÉRAIRES

PAIRE D’ANGES ADORATEURS CÉRIFÉRAIRES

 

ORIGINE : ITALIE, SIENNE
ÉPOQUE : DÉBUT DU XIVe SIÈCLE

 

Hauteur : 81 cm
Largeur : 30 cm
Profondeur : 22 cm

 

Bois sculpté, noyer léger

 

 

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Description

Le terme céroféraire est issu du grec et exprime la fonction qu’endossent ces deux anges, celle de porteur (phoros) de cierge (cereus). Dans la liturgie catholique le céroféraire participe à la célébration de la messe et, dans le cortège, se situe entre l’officiant et le thuriféraire – c’est-à-dire le porteur d’encens – qui ouvre la procession. Dans les représentations les deux fonctions sont d’ailleurs souvent jumelées, céroféraires et thuriféraires. Quand l’un symbolise la purification l’autre exprime la lumière de Dieu ; leur rôle va au-delà de l’utilitaire et touche au sacré. Les arts accordent aux anges ce rôle de céroféraire, comme c’est le cas avec notre sculpture. Cette attribution puise ses origines très tôt dans l’histoire chrétienne puisqu’elle renvoie à la Divine Liturgie de l’iconographie byzantine. Ce thème désigne une célébration de l’Eucharistie qui transcende le temps et l’espace, une réunion des vivants, des morts et des cieux. Ainsi les anges prennent le rôle d’ordinaire dévolu aux acolytes (de akolouthos serviteur). En accordant à ces anges céroféraires une place physique dans l’église par le biais des sculptures, c’est non seulement un dédoublement qui s’opère en conjuguant les statues et les véritables céroféraires de la célébration, mais c’est aussi une expression de la liaison entre les cieux et la Terre. Les deux mondes sont reliés tangiblement le temps de la messe par la présence d’acolytes divins et humains. 

Dans l’iconographie chrétienne les anges céroféraires apparaissent dans les assemblées divines exprimant la majesté et la divinité des personnages. On les retrouve par exemple sur les tympans de portails représentant le Christ Triomphant, dans les scènes du Couronnement de la Vierge ou encore de part et d’autre de la Vierge à l’enfant. Notons que la plupart du temps il s’agit de bas-reliefs. Notre paire de sculptures, figurées l’une en miroir de l’autre, sont en revanche traitées en ronde-bosse. Sans nul doute elle prenait place au chœur de l’église, encadrant le maître autel ou la grande croix de procession comme en témoignent les livres liturgiques et certaines enluminures dès le XIIe – XIIIe siècle.

La posture et disposition de ces anges, la tige du chandelier à laquelle ils sont accolés ainsi que leur taille importante ne font aucun mystère de leur fonction et emplacement dans l’église. La finesse des traits et l’élégance de la silhouette rendue par une belle ronde-bosse de noyer sont véritablement typiques des productions du XIVe siècle. 

Les deux anges se tiennent chacun sur un nuage faisant naturellement allusion à leur caractère céleste et qui n’est pas sans évoquer, lors de la célébration, la fumée d’encens qui s’élève à leurs côtés. Une façon d’ancrer pleinement ces créatures des cieux dans leur environnement terrestre.

Leur silhouette gracieuse présente un léger contrapposto, la jambe engagée répondant à la colonne du cierge. Le genou de la jambe libre est deviné sous la robe fluide dont sont revêtus les deux anges. La partie haute de la robe blousante et les plissés tuyautés de la jupe sont séparés par les plis en tablier du pan que l’ange retient d’une main. L’effet rythme la verticalité de la sculpture en un beau dynamisme naturel. Le col de la robe est orné de trois importantes pendeloques luxueuses.

Le visage serein et apaisé présente un front haut et bombé, des yeux en amande et des lèvres fines. Les deux anges sont couronnés d’un diadème de forme antique duquel s’échappe des boucles de cheveux bien dessinées.

Vraisemblablement, ces anges céroféraires pourraient trouver leur origine en Italie, à Sienne. 

 

 

Bibliographie

BOCCADOR Jacqueline & BRESSET Edouard, Statuaire médiévale de collection, tome II, éditions les clefs du temps