RARE COFFRE HISPANO-MAURESQUE

RARE COFFRE HISPANO-MAURESQUE

ORIGINE : KABYLIE
ÉPOQUE : DÉBUT DU XIXe SIÈCLE

DIMENSIONS :
Hauteur : 100 cm
Largeur : 200 cm
Profondeur : 56 cm

Bois de cèdre
Bon état de conservation

 

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Description

HISTORIQUE

Dans l’histoire du mobilier, le coffre a certainement été le premier meuble. Cependant, les témoignages historiques concernant l’usage du coffre en Kabylie demeurent rares.

Pourtant reconnu comme porteur d’une tradition perdue aujourd’hui, spécifiquement kabyle par ses décors, ses dimensions, sa position privilégiée dans les maisons, le grand coffre qui existait encore à travers ses traditions anciennes dans l’arrière pays avait depuis longtemps disparu des grandes agglomérations.

En Afrique du Nord, on a souvent attribué l’usage de décor à motifs géométriques dans l’art populaire, quels qu’en soit les supports (tissages, céramiques, vannerie, orfèvrerie, bois) aux interdictions de l’Islam concernant les figurations humaines. Nous pouvons constater que ce choix est plus ancien que l’apparition de l’Islam et que sa permanence en zones berbères n’a certainement rien à voir avec la religion musulmane.

En effet, les premières manifestations de décor rectilinéaires datent du Caspien 8000 av. J-C ; elles se remarquent sur des objets en os, en pierre, sur des têtes d’œufs d’autruche. Ces derniers offrent la gamme la plus riche de compositions géométriques (voir H.Camps-Fabrer, 1966, p. 193)

Henriette Camps-Fabrer a classé tous les décors géométriques relevés sur les gisements caspiens.
Quatre à six mille ans avant notre ère, les populations caspiennes et néolithiques du Maghreb et du Sahara connaissaient tous les éléments de base du style géométrique.

DESCRIPTION

Ce rare coffre arrivé jusqu’à nous en bon état, à la façade sobrement travaillée de motifs géométriques est dressé sur quatres montants hauts formant les pieds.

Les côtés présentent des renforts entre les montants latéraux.

La décoration de la façade souligné de clous de laiton, en occupe tout l’espace.
En bas, est disposée une frise alternant deux motifs, l’un ajouré et l’aute plein. La même frise se répète en partie supérieure.
Au centre, plus large, le décor est formé de quatre panneaux du même motif intercalés entre trois panneaux verticaux. Un liseré noir complète le décor et vient souligner à plusieurs reprises, quelques motifs en façade.

Les montants sont également ornés de frises à motif de croix, de cercles concentriques ainsi que de deux sphères en léger relief .

L’abattant est bordé d’un encadrement épais sculpté en façade de denticules.

LE DÉCOR GÉOMÉTRIQUE

La croix grecque.
Cette petite croix aux branches égales constitue un élément de décoration fréquent.
Appelée aussi croix kassite ou croisette elle est construite sur un quadrillage tracé à la pointe sèche. Elle est sculptée, évidée, partiellement ou complètement, dans l’épaisseur du panneau.

La croix bouletée porte un cercle à l’extrémité‚ de chacune de ses branches. En général la croix bouletée est bordée de rainures : une seule, deux trois ou quatre.

Dans ce meuble le décor cher à la chrétienté -la croix- alternent avec le décor préféré de l’Islam – la roue- symbole solaire par excellence. Elle apparaît souvent sous forme de rosaces ou de rosettes.

Dans le monde islamique, le cercle évoque ce qui est céleste. Ainsi le trône de Dieu est-il représenté comme ayant pour base un cercle et les sept cieux apparaissent sous la forme de tentes rondes superposées.
Maître Eckart parle de la vie de l’homme comme d’un point qui se déplace sur une roue en mouvement.