Description
Cette Prédelle en bois de châtaignier sculpté, polychromé et doré présente trois scénettes enclavées sous une délicate frise à fenestrage traitée à clairevoie tout à fait gothique.
Le thème principal est la Vie de Saint Benoit de Nursie, père du monachisme occidental.
Saint Benoît est considéré comme le fondateur du monachisme occidental. Né à Nursie (en Italie), il quitte très jeune Rome, déçu par la corruption morale de la société, pour mener une vie d’ermite dans la solitude. Sa réputation de sainteté attire rapidement des disciples, et il fonde plusieurs monastères, dont le plus célèbre, le Mont-Cassin.
Benoît rédige la Règle de Saint Benoît, un texte fondamental qui organise la vie monastique autour de l’équilibre entre prière, travail et lecture (ora et labora). Sa règle insiste sur l’obéissance, l’humilité, la stabilité et la communauté, et elle deviendra la base de nombreux ordres monastiques en Europe.
Tout au long de sa vie, Saint Benoît est réputé pour ses miracles, sa sagesse spirituelle et son discernement face au mal. Il combat les tentations, déjoue les pièges du démon et guide ses moines avec fermeté et compassion.
La scène médiane présente Saint Benoit accompagné d’une jeune femme, tous deux agenouillés, priant devant la Chapelle d’architecture gothique.
La scène de sa sœur Scholastique alitée
La scène de gauche présente Sainte Scholastique, la sœur jumelle de Benoît, qui mène également une vie consacrée à Dieu. Une fois par an, ils se retrouvent pour converser de choses spirituelles. Lors de leur dernière rencontre, Scholastique, pressentant sa mort, demande à Benoît de prolonger leur échange.
Comme Benoît refuse de rester au-delà de la règle, Scholastique prie Dieu, et une tempête miraculeuse éclate, empêchant Benoît de partir. Peu après, Scholastique meurt. Benoît voit alors son âme monter au ciel sous la forme d’une colombe.
Dans l’iconographie, et telle qu’elle apparait ici, elle est représentée alitée, faible mais lumineuse, tandis que Benoît veille les mains croisées sur la poitrine, exprimant l’amour fraternel, la foi et la séparation imminente.
La scène du démon au phylactère
La scène de droite présente un autre épisode célèbre, Saint Benoît est confronté au démon, qui tente de troubler la vie des moines. Le démon cornu et aux pieds-griffes est ici représenté assis écrivant sur un phylactère – un rouleau ou une banderole inscrite de paroles mensongères ou accusatrices – symbole de la tentation, de la ruse et du pouvoir trompeur du langage.
Benoît, par sa prière et son autorité spirituelle, démasque et chasse l’esprit malin, illustrant sa lutte constante contre le mal et son rôle de protecteur de la communauté.
Cette scène met en lumière le combat entre la vérité divine et le mensonge, et l’idée que la parole sacrée triomphe de la parole pervertie.






