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Hubert YENCESSE

Né à Dijon en 1900 - décédé à Paris en 1987 
 
Né à Dijon d’une mère artiste-peintre et d’un père, professeur à l’école des Beaux Arts, Ovide Yencesse médailleur de talent, dont il reçut les premiers enseignements. Il songea très vite à  suivre la même voie. 
Mais la guerre fait rage depuis 1914 et avec courage, à 17 ans il laisse ses carnets de dessin, se retrouve sur le front en 1917, s’engage dans la défense de la France et se retrouve dans la vie civile en 1919.
 
Les amis de sa famille, Bouchard, Niclausse et Landovski s’étaient penchés sur ses premiers travaux mais ce fut Pompon et surtout Maillol de 1934 à 1936, qui furent ses premiers maîtres.
 
Dès 1921 il exposait au Salon d’Automne.
Il exposa ensuite dans les grands salons parisiens où il fut remarqué et gratifié de deux achats : « Nu accroupi » par la ville de Paris et « Femme à la coquille » par le musée d’Art Moderne de la Ville de Paris.
 
Puis ce fut les commandes officielles :
De grandes figures de bronze (1938) pour la tribune de la Salle des Assemblées de la Société des Nations à Genève et pour la façade du Palais de Chaillot à Paris, Flore (1937).
Puis des bas-reliefs pour les nouvelles Facultés de Dijon et pour le Musée des années Trente à Boulogne.
Le monument de Tourville à Coutances, La France au cimetière des Forces françaises libres (1957, Angleterre, Brookwood), La Loire, Orléans 1983.
 
Il devient professeur à l’Ecole des Beaux Arts de Paris de 1950 à 1970 et membre de l’Académie des Beaux Arts en 1973.
Il a réalisé de nombreuses médailles pour la Monnaie de Paris de 1978 à 1983.
 
Sa carrière s’est déroulée entre deux récompenses :
Le prix Blumenthal reçu en 1934 et le prix Auguste Rodin décerné par la Société Nationale des Beaux Arts en 1987 pour « Cinq filles sur une plage ».
 
Georges Charensol dans le catalogue de l’exposition de 1972 au Musée Rodin résuma très bien son travail :
« Il faut posséder le courage, l’obstination qui caractérisent Hubert Yencesse pour parvenir à résister aux modes qui, depuis l’essor mondial du cubisme, ont dévié la sculpture de ses traditions millénaires. » 
Il resta en effet tout au long de sa carrière fidèle à la Tradition qu’elle soit imprégnée d’idéalisme grec comme le soutiennent les uns, réaliste et enracinée dans le génie de son pays d’origine, la Bourgogne, où la plastique régionale s’est attaché à rendre avec simplicité, vigueur, et l’humaine vérité pour les autres, ou typiquement classique comme l’assurent d’autres écrits ; définie par la concision volontiers géométrique de la forme et la plénitude et la clarté de son contenu expressif.
 
La nature est resté la source de son impulsion créatrice et la femme son sujet d’élection comme il fut celui de Maillol. Mais il faut constater que la sculpture de Yencesse ne s’apparente qu’en surface à celle de Maillol.
 
« Dans la statuaire de Maillol en effet s’épanouit la sérénité et la tranquille majesté de la sexualité comblée.
Dans les nus de Yencesse s’exprime au contraire la tension de la sensualité inassouvie.
D’où la diversité du « rendu » sculptural qui dépend moins de la diversité des modèles choisis par l’artiste que de la nature, de l’intensité de la persistance des réactions qu’ils suscitent en lui et qui tour à tour l’incitent à mettre l’accent sur la nonchalance « coulée » et voluptueuse de « La Source » par exemple ou la grâce  sportive rehaussée d’une pointe d’insolence  et le défi, de la « Nageuse » » George Hilaire
 
Il a préféré la figure isolée au groupe.
Habité par le sens du mouvement, les danseuses Zizi Jeanmaire, Ursula Kübler, Yvette Chauviré ou Leslie Caron furent ses inspiratrices. 
Il s’est livré à l’étude approfondie des règles de cet art imposant à son observation une discipline sévère. Il a fréquenté les cours de danse privés, assisté aux répétitions, suivi le crayon à la main les exercices réguliers, traduit la souplesse du corps dans toutes les positions.
 
Aussi est-ce le thème de la danse qui a été choisi pour la première exposition posthume de cet Académicien.
Des portraits enlevés, des dessins arrachés à l’instant, de petits bronzes pleins d’envol furent les pièces exposées en 2001 au Salon des Antiquaires cette année là.