IMPORTANT DRESSOIR DE MARIAGE À PANS COUPÉS DE LA PREMIÈRE RENAISSANCE FRANÇAISE

IMPORTANT DRESSOIR DE MARIAGE À PANS COUPÉS DE LA PREMIÈRE RENAISSANCE FRANÇAISE

 

 

ORIGINE : FRANCE

ÉPOQUE : PREMIÈRE MOITIÉ DU XVIe SIÈCLE, VERS 1520

 

Hauteur : 134,5 cm

Largeur : 141 cm

Profondeur : 52 cm

 

Bois de chêne

Restauration d’usage et d’entretien

 

 

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Catégorie :

Description

La fin de la période médiévale invente des formes décoratives appliquées à des structures encore gothiques. Ce dressoir en constitue un bel exemple.

L’introduction des pans coupés adoucit les lignes du meuble tandis que la ligne horizontale est grandement favorisée. 

Sur un socle puissamment mouluré, s’élèvent les deux montants latéraux soulignés de piliers décorés de motifs d’écailles. Sur ce soubassement supporte un corps de meuble. Son plan à pans coupés définit cinq faces, séparées par des colonnettes et divisées en deux registres horizontaux.

Le registre inférieur présente deux tiroirs. Chacun est orné de tiges de fleurs de part et d’autre d’un médaillon dans lequel s’inscrit un profil d’homme à gauche et de femme à droite. De petites colonnettes sculptées de divers motifs géométriques les séparent. Les deux panneaux adjacents présentent également deux profils masculin et féminin. Ces médaillons aux profils vigoureux sont typiques du style François Ier. 

Le registre supérieur voit se prolonger les colonnettes torsadées du précédent. Il ouvre à deux vantaux assemblés au bâti à l’aide de penture finement ajourées. Une importante plaque de serrure d’origine est travaillée selon le même modèle.

Deux autres médaillons occupent le centre des panneaux. Ils sont traités différemment des quatre précédents. En effet, les bustes sont projetés en avant et se détachent davantage du fond du médaillon. Si les premiers pouvaient évoquer le travail des médaillers italiens, ces derniers s’inspirent davantage du travail de sculpteurs flamands. De même si les premiers ne semblent pas destinés à évoquer de véritables individus, les deux médaillons des vantaux, un homme, une femme se faisant face, pourraient laisser penser que ce meuble était un cadeau de mariage, honorant ainsi les deux époux. 

Chacun des personnages est vêtu en habit de cour. Les médaillons sont environnés de motifs d’arabesques végétales typiques de la première renaissance française. Sur le panneau de gauche, ces rinceaux donnent naissance à deux dauphins stylisés tandis que pour le panneau de droite, ils forment deux visages anthropomorphes. 

Sur les panneaux latéraux, les motifs d’arabesques s’ordonnent symétriquement : vases, dauphins ou feuilles créant un décor, léger, précis, aussi bien adapté au meuble qu’aux façade des châteaux. 

Les panneaux des côtés sont sculptés de plis de serviettes délicatement réalisés et jouant avec le motif des colonnettes diversement décorées. 

Une corniche moulurée termine le meuble. 

Meuble de prestige, ce dressoir d’exception allie un sens très juste de la composition à une solide tradition gothique que le XVe siècle finissant porte à son apogée. Chef-d’oeuvre d’un modèle qu’aucune autre époque n’a reproduit, son décor sculpté emprunté à l’Italie, est destiné à valoriser la figure humaine. 

Le motif textile, typique de la fin du Moyen-âge, persiste tout de même mais se confronte à un décor d’arabesque typique de la première renaissance. Le principe de symétrie régit le meuble avec quelques fantaisies.

Comparaison 

Un décor similaire de rinceaux, profils en médaillons et candélabres orne le dressoir de l’ancienne collection Arconati-Visconti présnté au Musée du Louvre (OA 6973).